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Culture

Hénné
Shisha

Spécialités culinaires

Ghawa (café qatari)
Al Sadu
Les pêcheurs de perles
Le khôl
Les épices

 


 

Hénné haut

La plante du henné (Lawsonia Inermis) est très répandue dans le monde arabe. Elle est récoltée en majorité en Inde et au Soudan. Les feuilles de henné sont réduites en poudre et utilisées alors pour leurs vertus médicinales.

Même si le henné est connu dans le monde entier, il est surtout utilisé dans les pays musulmans et ce, surtout parce que le Prophète Mohammed (Que la Paix soit sur lui) a recommandé son utilisation en médecine, en particulier après une piqûre ou en cas d'ulcère. Les femmes aiment aussi se colorer les ongles avec.
De plus, le henné peut être utile en cas de brûlure, de saignement du nez, de problèmes du cuir chevelu et d'herpès dans sa forme la plus simple.
La façon la plus traditionnelle d'utiliser le henné au Qatar consiste à serrer une petite boule de pâte (poudre mélangée à de l'eau) dans la paume de la main pendant un moment (entre une et deux heures). En la relâchant, on découvre une forme très particulière, très appréciée des femmes qataries, surtout les plus âgées.
De nos jours, on utilise un petit cône en plastique rempli de pâte, ce qui rend le travail plus fin, et les formes plus artistiques.
Le henné peut être utilisé pour renforcer les cheveux, il leur apporte de la brillance. Il est aussi très souvent utilisé à la place des produits chimiques pour colorer les cheveux.

henné


Shisha haut
shisha

La shisha, aussi connue sous le nom de Narguilé, Hookah, ou Hubbly Bubbly, est l’un des passe-temps favori du monde arabe. Une soirée dans la communauté arabe vous offrira l’opportunité de goûter aux merveilles de ce délice arabe. Servi dans les cafés et restaurants, ce passe-temps culturel vient vraisemblablement d’Inde et de Turquie.

La shisha est du tabac mélangé à de la molasse et un parfum de fruit, fumé dans une Hookah. Le tabac contenu dans une shisha est 4 fois inférieur à celui d’une cigarette. La pomme est le parfum le plus populaire, on en trouve également  à la fraise, à l’ananas, à l’abricot, au raisin, à la rose, à la noix de coco, à la menthe…
La durée d’une Shisha se situe entre 30 minutes et une heure.

Elle est constituée de 3 parties :

  • Une base en verre (quelques fois en argile ou en métal) qui est remplie d’eau
  • Un tuyau vertical au sommet duquel se trouve un petit bol en argile pour le tabac et le charbon
  • Un tuyau pour inhaler la fumée.

Le tabac à shisha est placé dans un petit bol placé au sommet de la hookah (ne pas le tasser car l’air doit pouvoir le traverser) et couvert par une feuille fine d’aluminium. De petits trous sont percés à travers l’alu (comme le pommeau d’une douche). Le récipient en verre est rempli d’eau (fraîche avec quelques glaçons). La partie supérieure de la shisha doit être insérée dans le récipient en verre après avoir bien serré le joint en caoutchouc afin que la fumée puisse traverser l’eau. La pipe et son tuyau sont ensuite insérés dans l’orifice de la shisha.
Lorsque vous inhalez à travers l’extrémité du tube, les petits trous dans l’alu permettent au tabac d’être chauffé par le charbon incandescent et évitent aux cendres de se mélanger au tabac. Les parfums sont libérés, refroidis après leur passage dans l’eau froide, dans la pipe et enfin dans votre bouche. Le son agréable des bulles d’air augmente la sensation relaxante de la shisha…
Lorsque vous vous asseyez à la table d’un café ou par terre chez vous, la pipe passe de personnes en personnes et vous profitez d’une atmosphère chaleureuse et conviviale…

Pour faire votre propre shisha :

  • Assurez-vous que toutes les parties sont propres, surtout le récipient en verre (Banora  2) et le filtre (Mabsam 3)
  • Versez de l’eau glacée ou très froide (à moitié seulement) dans le récipient en verre (Banora)
  • Placez le cœur de la shisha (Kalb1) dans le Banora
  • Placez la pipe (Laï 4) dans le filtre attention le tuyau ne se lave pas car il est fait de carton à l’intérieur et se change tous les 6 mois.
  • Insérer le filtre sur la pipe (Mabsam 3)
  • Placez l’assiette (Tabk 6) au sommet du Kalb
  • La tête  en terre cuite (Haggar 5) est ensuite placée au sommet de l’assiette
  • Placez le tabac dans le Haggar sans le tasser et couvrez-le de l’alu
  • Faîtes des trous dans l’alu avec un cure dent ou un objet pointu
  • Placez le charbon incandescent au sommet de l’aluminium (environ 3 pièces 1gros et 2 petits)

 

Spécialités culinaires haut

La cuisine qatari est basée sur un mélange de cuisine de tous les pays. La cuisine libanaise y est particulièrement présente comme dans tous les pays du Golfe.

Les poissons frais et les fruits de mer du golfe arabique : homard (dont un des ancêtres est sûrement le clap clap, cigali ou cigale de mer) , crabe (vous verrez de petits crabes bleus), crevettes, thon, kingfish et red snapper ainsi que le fameux hamour plus communément appelé mérou en français.
Quelques plats de viande composés de mouton ou d’agneau cuit lentement et accompagné de nombreux plats.
Les spécialités arabes dont le hoummous (un mélange de pois chiches et de graines de sésames), le tabbouleh (persil haché avec de la menthe et quelques grains de semoule), ghuzi (un agneau rôti en entier servi sur un lit de riz avec des pignons), koussa mahsi ( courgettes farcies) Mottabel (aubergines grillées écrasées) et les fameux shawarma (lamelles d’agneau ou de poulet grillées enveloppés avec de la salade dans du pain arabe) et Le matchbous (agneau épicé avec du riz),
Les desserts favoris sont le Umm Ali (mère d’Ali), le es asaraya (cheesecake) et le mehalabiya (pudding fait de pistaches et d’eau de rose).

plat libanais


Le ghawa (café qatari)

Les Arabes et les musulmans sont connus pour leur hospitalité.
Selon les enseignements du Prophète Mohammed, si quelqu'un croit en Allah et au Jour du Jugement (moment où les humains seront jugés selon les actions qu'ils auront accomplies durant leur vie), il doit être généreux et accueillant avec ses invités. Ces enseignements ainsi que beaucoup d'autres exemples expliquent les fondements de l'hospitalité des musulmans dans le monde.

Le café (GAHWA) est sans doute le meilleur symbole de l’hospitalité des arabes du Golfe. Celui-ci a un aspect très différent de celui consommé en Occident ; il est de couleur beige, et son goût est tout à fait particulier. Il est servi dans de petites tasses sans anse et il est souvent dégusté avec des pâtisseries. Dans le passé, il était plutôt apprécié avec des dates. En effet, son goût se marie très bien avec tout ce qui est sucré.

La légende dit que le café a été découvert il y a près de 12 siècles par un berger qui avait été surpris de voir que ses brebis étaient encore pleines de vitalité alors que lui arrivait à peine à rester éveillé. Il découvrit alors qu'elles avaient l'habitude de grignoter des petites baies qu'elles trouvaient sur un petit arbuste vert. L'ingénieux Khaled décida d'en faire une boisson, en les broyant et en les faisant bouillir…inventant alors la base d'un rituel qui perdure jusqu'à nos jours.

Le café traditionnel arabe est préparé d'une façon très particulière sur des braises. Il est bu tout au long de la journée. Les baies sont achetées crues, et elles sont torréfiées et moulues au pilon juste avant la préparation. La cafetière, qui s'appelle "Dellait" en arabe, est utilisée pour la préparation du Gahwa à même les braises.

De nos jours, les braises ne sont que très rarement utilisées, (lors d'excursions dans le désert par exemple), on utilise plutôt une casserole sur une cuisinière normale. Lorsqu'il est prêt, le café est transvasé dans un thermos qui a souvent la forme du "dellait" traditionnel. On mélange de l'eau bouillante et du café moulu ainsi que de la cardamone en poudre. On le remet alors sur le feu, puis on le retire dès l’ébullition, procédé que l'on répète deux à trois fois. Le café est alors prêt, et il est versé dans les tasses (Fanjin) par celui que l'on appelle-le "Muqahwi" qui est généralement le jeune fils de la maison.

Le Muqahwi ne remplit la tasse que jusqu'au tiers comme le veut la tradition, en la présentant de sa main droite. Il tient donc la cafetière dans sa main gauche. Après avoir bu son café, l'invité remet la tasse au Muqahwi qui repasse pour servir de nouveau, mais il doit la secouer doucement de gauche à droite pour indiquer qu'il ne veut plus de café. Faute de quoi, la tasse sera remplie de nouveau.

Article rédigé par Basma Al Sheikh, professeur au QCPI.

Al Sadu

Les Bédouines au temps des nomades avaient un tissage très élaboré pour produire du tissu.

Ces tissus étaient fait à partir de la
laine des moutons, des poils des chameaux et des chèvres et du coton.
Elles filaient, teignaient et tissaient la laine de mouton, de chèvre et de dromadaire pour créer des tapis, des coussins, des sacs et des tentes aux dessins compliqués et aux couleurs vives.

Les outils qu’elles utilisaient étaient en bois et en cornes de gazelle dont le fuseau (Al_minchazah)
Ce tissage de la laine porte le nom de Al Sadu en arabe.

Les Bédouines tissaient également des feuilles de palmier et du rotin pour faire des paillassons, des paniers et des housses de protection.

 

Dossier réalisé par Juliette Gibon
Photos régine Delattre



Les pêcheurs de perles

Avant la découverte du pétrole, le Qatar était connu dans le monde entier pour le commerce de ses perles.

Le commerce des perles était le revenu principal du Qatar, plus de 12000 hommes (la moitié de la population à cette époque) y participaient.
Les hommes partaient pendant des mois, ils ne revenaient pas tous et n’étaient pas toujours sûr de gagner de l’argent car leurs revenus dépendaient du résultat de leur pêche.
Une simple expédition pouvait durer 4 mois et certaines comptaient 500 bateaux. La saison de la pêche était d’avril à fin septembre. Chaque bateau pouvait contenir un équipage d’environ 40 hommes, conduit par le capitaine ou Nakhuda.
Un bon capitaine pouvait déterminer les lits d’huîtres en fonction du soleil et des étoiles, de la couleur et de la profondeur de la mer mais aussi du relief. Les plongeurs pouvaient plonger jusqu’à 50 mètres de profondeur (8 fathom).

Les dures journées de plongée étaient animées par des chants. Ces chants étaient dirigés par un chanteur principal (nahham). Les plongeurs étaient divisés en deux équipes et les hommes qui ne plongeaient pas chantaient et tapaient dans leurs mains pour encourager l’équipe qui travaillait.
Les plongeurs commençaient leur journée au lever du soleil avec l’ouverture des huîtres récoltées la veille, sous l’œil vigilant du capitaine. Puis après un petit déjeuner léger composé de dates et de café, les plongeurs se préparaient.
Pour la pêche le seul équipement des plongeurs était un pince-nez en os et en bois (al Futam) et un panier en fibre de palmier ou de noix de coco (dayyeen). Certains avaient également des protèges doigts en peau de vache (khabat) pour aller chercher les huîtres dans les rochers et se protéger contre les épines des oursins.
Ils descendaient sous l’eau à l’aide de cordes auxquelles étaient suspendues des pierres. Une fois au fond de l’eau, ils ramassaient les huîtres, les détachant des pierres si nécessaire et les mettaient dans leurs sacs attachés à des cordes. Lorsqu’un plongeur voulait remonter à la surface, il tirait sur la corde pour que leur aide (saib) les remonte immédiatement pour vider leur sac et remplir leurs poumons. Entre les plongées ils restaient dans l’eau pour se reposer à côté du bateau (dhow). Leur plongée durait de 2 à 3 minutes, et un plongeur pouvait en faire en moyenne 50 par jour.
A la fin de la journée après la prière, les plongeurs mangeaient leur repas principal composé de poisson, de riz et de dates, suivi d’un café et parfois ils allaient voir un autre bateau proche pour discuter.

Le travail était extrêmement dur et beaucoup d’hommes souffraient de problèmes de maladies de peau et de problèmes respiratoires. Tous ne revenaient pas…

Ce commerce a subi de plein fouet l’invention des perles de culture au Japon dans les années 1930. La découverte du pétrole et son exploitation datent de la fin des années 40 et ont changé l’histoire du Qatar pour toujours…
Néanmoins les anciens plongeurs se souviennent et les souvenirs de cette industrie perlière sont très importants pour le Qatar. Il est commun de voir des statues d’huîtres ou de perles dans les villes, et la nouvelle île artificielle du Qatar a été prénommée « the Pearl »

Lors du festival culturel du Qatar et lors de l’ouverture du Heritage Village sur la corniche n’hésitez pas à aller écouter les anciens raconter leurs souvenirs de pêche à la perle…
L’équipement des pêcheurs peut être vu dans les musées du Qatar.
Vous pourrez également acheter des perles au Al Bidda appelé également Rumailah parc dans une petite boutique près du petit lagon artificiel et n’hésitez pas à poser des questions au propriétaire de la boutique…

Dossier réalisé par Juliette Gibon

Le khôl

« Tout le monde connaît le charme de ces yeux orientaux dont l’éclat s’augmente de cette ligne noire due à l’emploi du khôl, en usage dans tout le Levant. Cette invention donne à l’œil un attrait tout particulier, je ne sais quoi de léonin et d’un peu farouche qui anime ces jolies mines douces et régulières »
Eugène Delacroix résume ici tout le mystère du khôl, cette poudre noire qui maquille si joliment les yeux des femmes orientales leur conférant un regard à la fois lumineux et profond.

En Inde, en Egypte, au Maroc… on utilise ce produit depuis des millénaires. Il est l´un des produits de beauté le plus ancien qui a été utilisé tant par les hommes que par les femmes à l´époque de l´Égypte pharaonienne. Au fil des siècles, le khôl a continué à être utilisé par les Arabes et les Berbères.

La recette de cette poudre varie de l'Irak au Maroc, chaque région et chaque femme ayant sa propre recette. Elle transmettait de génération en génération et variait en fonction des pays, des régions, des familles. Eau de rose, musc, noyaux de dattes pulvérisés, clous de girofle, poudre de perle ou de corail, à chacun ses ingrédients.
Egalement appelé kajal ou surma, le khôl est principalement constitué d’une poudre minérale composé principalement de sulfure d´antimoine (un minéral extrait des roches montagneuses). Il peut être noir ou gris selon les mélanges.
Contenu dans une petite fiole de verre, de plomb, de cuivre, d’argent ou d’or appelée mekhal, le khôl s’appliquait les yeux clos, de l’intérieur vers l’extérieur des paupières, à l’aide d’un bâtonnet, le meroued, qui pouvait être fait de verre ou de métal ou encore de bois (bois de santal par exemple), de corne, etc..

Mais au-delà de son utilisation cosmétique, le khôl a aussi toujours servi à des fins quasi médicinales, pour se protéger des infections oculaires, des poussières ou du sable transportés par les vents, de la réverbération solaire. C’est pourquoi hommes, femmes et enfants en portaient. Chez les peuples du désert, les sages-femmes en mettaient aux yeux des nouveau-nés, et ce, dès leur septième jour.

Aujourd’hui, toutes les marques de cosmétiques proposent du khôl. Mais finie la poudre d’antimoine, l’industrie de la beauté préfère les crayons, les eye-liners, les pâtes et autres fluides dont les composants n’ont plus rien à voir avec les ingrédients d’origine.
Evidemment, les victimes de la mode y gagnent en sécurité (tests hypoallergéniques), en praticité (le khôl version actuelle peut tout à fait être résistant à l’eau) et en diversité (certaines marques proposent pas moins de trente couleurs de crayons).

Mais pour jouer les princesses rebelles du désert rien de tel qu’une ligne d’yeux tracée au khôl !

Dossier réalisé par Amel Penant

Les épices

Elles nous stimulent, nous réchauffent, dégagent d'agréables saveurs, aiguisent notre appétit, facilitent la digestion, égayent nos repas : ce sont les épices.

La cardamome (en anglais cardamom)

La cardamome est une plante aromatique originaire de la région du Kerala, dont les racines poussent hors du sol et c'est sur celles-ci que poussent les graines de cardamomes.
Les graines de cardamome sont très aromatiques. Leur parfum floral, frais est un peu citronné, rappelle l'odeur de l'eucalyptus. Le goût légèrement camphré, à la fois chaud et frais, parfume les plats à base de riz, les entremets et les boissons chaudes.
La cardamome s'utilise sous forme de gousse ou de poudre. Il est préférable d'utiliser les gousses car les graines, enfermées dans la capsule, conservent leur arôme plus longtemps. Pour utiliser la cardamome, écrasez les gousses pour récupérez les petites graines noires. Broyez les graines au mortier ou écrasez-les du plat du couteau.

La cannelle (cinnamon)

La cannelle, est l'écorce d'un arbre le cannelier qui pousse dans les régions tropicales. L'écorce est récoltée à la saison des pluies, moment où elle est le plus chargée en sève. En séchant, l'écorce s'enroule sur elle-même pour former des petits bâtonnets. La saveur de la cannelle est chaude et envoûtante, son parfum très prononcé. La chaleur exacerbe son goût.
Plus la cannelle est jeune, meilleure elle est. On reconnaît une épice jeune à sa couleur brune tirant sur le jaune pâle, plus elle a attendu, plus l'écorce sera de couleur foncée. Il est plus intéressant de se procurer la cannelle en bâtonnets car la poudre perd rapidement de ses qualités organoleptiques.
En Europe, la cannelle est essentiellement utilisée pour parfumer les desserts. En Asie et plus particulièrement en Inde, la cannelle entre dans la composition de nombreux plats salés. Elle parfume les currys, les viandes, les plats de riz et de légumes.

Le curcuma (Turmeric)

Appelé autrefois turmeric (nom qu'il a gardé en langue anglaise), son nom actuel est dérivé du mot arabe désignant le safran : « kourkoum ».
Tout comme le gingembre, c'est le rhizome du curcuma qui est utilisé. Le rhizome est une tige souterraine, à ne pas confondre avec une racine.
Une fois bouilli, épluché, séché, il est prêt à être réduit en poudre et à rentrer dans la constitution de nombreux plats et mélanges d'épices : dans les poudres et pâtes de curry, dans le ras-el-hanout et plus généralement dans la confection des tagines.
Bien que piquant, son arôme
est assez discret et l'idéal pour en sentir le parfum est de l'utiliser frais, coupé en très petits morceaux.
Son fort pouvoir colorant fait qu'on l'associe très souvent à la cuisson du riz. On l'utilise aussi en cosmétique, comme colorant. Mais c'est surtout son côté sacré que l'on retiendra. Si en Asie, on l'utilise pour colorer les robes des moines bouddhistes et des sadhous (sages hindouistes), on l'utilise en Occident à grande échelle, dans l'industrie, en tant que E100, nom de code de la "curcumine".

Le safran (en anglais saffron)

Le safran est une épice aromatique issue d'une fleur, le Crocus à safran. La fleur sort de terre durant les nuits d'automne, et sa floraison s'étale sur 4 à 6 semaines. Le Crocus à safran est une fleur mauve, en corolle qui renferme 3 étamines recouvertes de pistil et 3 stigmates orange à rouge vif. Ce sont ces stigmates qui donneront le safran.
Les fleurs sont ramassées une à une à la main, le matin, avec une grande délicatesse afin de ne pas abîmer les stigmates qui seront prélevés fleur par fleur, puis mis à sécher. C’est pourquoi le safran est une épice rare et chère.
Cette épice tire son nom de l'arabe « za'faran » qui fait référence à la couleur jaune extraite du safran.
Le safran est utilisé en cuisine d'une part pour la belle couleur jaune orangé qu'il confère aux plats mais également pour son parfum chaud et aromatique. Avant de l'ajouter au plat, il faut infuser le safran dans un liquide chaud : de l'eau, du vin, du bouillon, du lait, de la crème ou tout autre liquide, afin qu'il ait le temps de libérer sa couleur et son arôme.
Le safran est une épice fragile qu'il faut acheter en stigmates et conserver à l'abri de la lumière et de l'humidité.

La badiane

La badiane est le fruit du badianier, arbre tropical, originaire du Sud-est asiatique. Les fruits, odorants, sont cueillis verts puis séchés au soleil où ils prennent une couleur brune tirant sur le rouge. Le fruit sec, utilisé comme une épice, est la badiane ou « anis étoilé » en raison d’une part de son goût anisé, et d’autre part de sa forme.
La cosse de la badiane est plus parfumée que les graines, elle développe un arôme anisé un peu boisé teinté de réglisse.
L'anis étoilé est utilisé sec, généralement entier, notamment en infusion. Il est préférable de l'acheter entière et de la piler soi-même.
La badiane est très utilisée en Asie et notamment dans la cuisine chinoise. Elle entre dans la composition du mélange d'épices dit « 5 épices » avec la cannelle, le clou de girofle, le poivre et le fenouil.

Le cumin

Originaire d’Orient, le cumin est une plante. L'épice de cumin est la graine, qui pour être consommée, doit préalablement être séchée. Les graines, fines et oblongues sont de couleur marron à vert.
Le cumin entre dans la composition de plusieurs mélanges d'épices, notamment le cari, le chili, le garam massala, le massalé et le ras-el-hanout. Il parfume le chili en Amérique du Sud, les carottes, les tagines et les plats au Maroc, le fromage d'édam et de gouda aux Pays-Bas, le munster en France.
Présenté en graines ou en poudre, le cumin relève les plats de sa saveur chaude et épicée. En Inde, le cumin est généralement échauffé à sec sur une plaque chaude avant d'être moulu, pour intensifier son goût.

Le clou de girofle

Les clous de girofle sont les boutons de fleurs d'arbres. De couleur verte, ils mûrissent pour devenir rouges, c'est alors qu'on les cueille et on les laisse sécher à l'air libre jusqu'à ce qu'ils prennent la couleur brune qu'on leur connaît.
On peut les utiliser entiers ou en poudre, mais comme leur arôme est extrêmement fort, on les emploie avec parcimonie.
En Inde, les clous de girofle font depuis longtemps partie de la cuisine de tous les jours. En Inde du Nord, ils sont intégrés sous forme de poudre aux mélanges d'épices, alors qu’en Inde du Sud, ils rentrent dans la composition des biryanis (riz garni aux légumes ou –plus rarement- à la viande), où on les utilise entiers pour qu'ils parfument le plat au maximum et participent à une jolie apparence.
En Indonésie, on les utilise dans les cigarettes kretek, où ils sont mélangés au tabac et à d'autres épices. On les mâche également dans plusieurs pays d'Asie, avec de la feuille de bétel.

La noix de muscade

La noix de muscade est le noyau du fruit du muscadier. Ses fleurs sont blanches et son fruit jaune pâle ressemble à l'abricot. Lorsqu'il est mûr, le fruit s'ouvre en deux et laisse apparaître la noix de muscade dans sa coque dure qui est elle-même enveloppée dans une maille orange ou rouge, l'arille, nommée Macis.
La noix de muscade est utilisée râpée. Il est d'ailleurs préférable de râper la noix de muscade au fur et à mesure car réduite à l'état de poudre, elle perd très rapidement son arôme. En cuisine, la noix de muscade est notamment utilisée pour parfumer la béchamel et les plats à base de pomme de terre et d'épinards.
Sa saveur chaude très aromatique apporte une note de subtilité aux recettes généreuses. Présente dans la cuisine asiatique, elle est notamment utilisée dans les currys.

Le curry

Le curry n'est pas à proprement parler une épice mais un mélange d'épices qui symbolise à lui seul la cuisine indienne. En Inde, on ne parle pas de curry mais de « massala ». La couleur jaune de la poudre de curry, hautement symbolique est apportée par le safran ou le curcuma.
Les épices sont broyées au mortier avant d'être légèrement torréfiées sur le feu dans un peu de matière grasse. Il en résulte une poudre sèche prête à l'utilisation. Les épices que l'on trouve le plus souvent dans le curry sont le gingembre, l'ail, l'oignon, la coriandre, la cardamome, le clou de girofle, le poivre, le piment et le curcuma. Le curry s'agrémente aussi parfois de fenugrec, de cannelle, de graines de moutarde ou de cumin. Il peut en effet y avoir plus d'une vingtaine d'épices dans le mélange, si ce n'est plus.
En ce qui concerne les pâtes de curry, on en trouve principalement 3 sortes :
- curry vert, très fort
- curry jaune, moyennement fort
- curry rouge, très aromatique et moyennement fort

Le gingembre

Le gingembre est une plante dont il existe une centaine d'espèces. C'est le rhizome de la plante qui est utilisé en tant qu'épice, frais ou séché sous forme de poudre. Le rhizome est une tige souterraine, à ne pas confondre avec une racine.
Le gingembre se présente sous deux formes :
Le rhizome est consommé frais. Pour cela, il suffit de le peler puis de râper sa chair jusqu'au coeur fibreux. La chair s'utilise râpée ou réduite en pulpe. Le gingembre frais possède un parfum citronné, légèrement piquant et poivré. Fort, il relève les plats et leur apporte une note de fraîcheur et d'exotisme.
Séché, le gingembre se présente sous forme de poudre. C'est sous cette forme qu'il est incorporé à différents mélanges d'épices.

La coriandre

La coriandre est une petite plante aux formes dentelées qui ressemble à du cerfeuil. On la cueille bien verte, mais dès lors que ses feuilles commencent à blanchir, on ne la cueille plus car elle prend mauvais goût.
On utilise quatre parties de la coriandre : ses feuilles, sa tige, ses graines et ses racines.
Ses feuilles sont très utilisées pour saupoudrer des plats, mais également dans des mélanges d'épices (le curry vert Thaï notamment).
On utilise la tige des jeunes pousses comme on utilise la ciboulette, coupée et saupoudrée sur une salade ou un plat.
Les graines de coriandre sont très utilisées pour donner de l'arôme aux sauces et aux marinades. On les trouve réduites en poudre dans la composition de nombreux mélanges d'épices partout en Asie, ainsi que dans les moutardes et condiments. L'idéal est d'utiliser ces graines en poudre dans les plats à cuisson courte, entières dans les plats à cuisson longue et les marinades.
Quant aux racines, elles sont utilisées principalement en Thaïlande, où on les pile au mortier avec de l'ail, du poivre et d'autres épices, pour faire une base de sauce ou un condiment.

Le Carvi (en anglais caraway)

Les graines de carvi ressemblent beaucoup aux graines de cumin ce qui explique qu'ils soient souvent utilisés l'un à la place de l'autre.
Toutes les parties de la plante sont utilisées : les feuilles, les graines et même les racines.
Si les feuilles sont récoltées au bout de trois mois, les graines nécessitent une plus grande maturité et ne sont récoltées que lorsqu'elles sont devenues brunes. Elles sont alors mises à sécher. Le carvi possède une saveur plus subtile que celle du cumin et plus prononcée que celle de l'aneth. Légèrement amer et piquant, il développe pleinement son parfum lors de la cuisson.
Les racines quant à elles, sont cuisinées comme les carottes.
La graine de carvi, plus aromatique, est davantage utilisée. Elle assaisonne les viandes, les charcuteries et les ragoûts. Les graines sont également utilisées à des fins décoratives notamment sur les pains et les pâtisseries salées.

Le fenugrec

Assez méconnu chez nous, le fenugrec est une épice très utilisée en Inde, notamment dans de nombreux mélanges d'épices (curry, garam massala).
Le fenugrec est une plante qui rappelle le trèfle. Ses feuilles sont utilisées pour aromatiser les plats mais également comme légume au même titre que les épinards. Les fruits du fenugrec sont de longues gousses qui sont ramassées, mises à sécher puis battues pour en extraire les graines d'un jaune sombre tirant sur le brun. Les graines sont utilisées entières ou moulues comme épice mais peuvent également être consommées germées ou cuites à l'eau, longuement comme des légumes secs.
Le plus souvent toutefois, le fenugrec est utilisé moulu.
Le fenugrec possède un goût très particulier, légèrement amer, assez fort et aromatique, qui s'approche du céleri et du curry. L'arrière-goût est parfois un peu sucré, comme un caramel foncé.

Un peu d'histoire...

Les épices étaient parmi les produits commerciaux les plus coûteux durant l’Antiquité et le Moyen Age.
Au-delà de l’exotisme et du mystère qui les entoure, les épices ont de tout temps été une source d’enjeux économiques pour les marchands et les nations qui profitaient de ce commerce lucratif pour lever de très lourdes taxes. La course aux épices a mené à des expéditions et des découvertes historiques comme celle de Christophe Colomb et des Amériques.

Dossier réalisé par Barbara Duval





























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