Le gahwa (café)
Les Arabes et les musulmans sont connus pour leur hospitalité.
Selon les enseignements du Prophète Mohammed, si quelqu'un croit en Allah et au Jour du Jugement (moment où les humains seront jugés selon les actions qu'ils auront accomplies durant leur vie), il doit être généreux et accueillant avec ses invités. Ces enseignements ainsi que beaucoup d'autres exemples expliquent les fondements de l'hospitalité des musulmans dans le monde.
Le café (GAHWA) est sans doute le meilleur symbole de l’hospitalité des arabes du Golfe. Celui-ci a un aspect très différent de celui consommé en Occident ; il est de couleur beige, et son goût est tout à fait particulier. Il est servi dans de petites tasses sans anse et il est souvent dégusté avec des pâtisseries. Dans le passé, il était plutôt apprécié avec des dates. En effet, son goût se marie très bien avec tout ce qui est sucré.
La légende dit que le café a été découvert il y a près de 12 siècles par un berger qui avait été surpris de voir que ses brebis étaient encore pleines de vitalité alors que lui arrivait à peine à rester éveillé. Il découvrit alors qu'elles avaient l'habitude de grignoter des petites baies qu'elles trouvaient sur un petit arbuste vert. L'ingénieux Khaled décida d'en faire une boisson, en les broyant et en les faisant bouillir…inventant alors la base d'un rituel qui perdure jusqu'à nos jours.
Le café traditionnel arabe est préparé d'une façon très particulière sur des braises. Il est bu tout au long de la journée. Les baies sont achetées crues, et elles sont torréfiées et moulues au pilon juste avant la préparation. La cafetière, qui s'appelle "Dellait" en arabe, est utilisée pour la préparation du Gahwa à même les braises.
De nos jours, les braises ne sont que très rarement utilisées, (lors d'excursions dans le désert par exemple), on utilise plutôt une casserole sur une cuisinière normale. Lorsqu'il est prêt, le café est transvasé dans un thermos qui a souvent la forme du "dellait" traditionnel. On mélange de l'eau bouillante et du café moulu ainsi que de la cardamone en poudre. On le remet alors sur le feu, puis on le retire dès l’ébullition, procédé que l'on répète deux à trois fois. Le café est alors prêt, et il est versé dans les tasses (Fanjin) par celui que l'on appelle-le "Muqahwi" qui est généralement le jeune fils de la maison.
Le Muqahwi ne remplit la tasse que jusqu'au tiers comme le veut la tradition, en la présentant de sa main droite. Il tient donc la cafetière dans sa main gauche. Après avoir bu son café, l'invité remet la tasse au Muqahwi qui repasse pour servir de nouveau, mais il doit la secouer doucement de gauche à droite pour indiquer qu'il ne veut plus de café. Faute de quoi, la tasse sera remplie de nouveau.
Article rédigé par Basma Al Sheikh, professeur au QCPI.
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