Doha gratte-cielLe Qatar connaît une croissance économique phénoménale (18,5%), la plus importante de la région, grâce à ses exportations de pétrole et de gaz: le Forum Economique Mondial classe la péninsule parmi les pays les plus compétitifs du monde et lui accorde la 17e place dans son palmarès 2009 - contre la 22e place en 2008.

Son PIB est estime à $83,29 milliards en 2008 (contre $73 milliards en 2007) et le revenu par habitant serait de $101.000 en 2008 (contre $73.900 en 2007) propulsant le Qatar parmi les pays les plus riches du monde, surtout depuis 1991 au moment ou la Phase I du projet "North Field" a été complétée - pour un montant de $1,5 milliards. L'excédent budgétaire du pays s'élèverait à $1,8 milliards (2007/2008).

Détenant les troisièmes réserves de gaz au monde après la Russie et l'Iran, le pays disposerait de 15,7% des réserves mondiales avec plus de 25.000 milliards de m3 (7000 km³) de gaz naturel, soit 250 ans d'exploitation.

Membre de l'OPEP, le Qatar produit également 1000 Mb/jour en 2007.

L'amélioration des techniques d'exploitation et de production ont permis au Qatar d'augmenter ses capacités de 3,7 milliards de barils par jour en 1999 à 26,2 milliards de barils par jour en 2006 (!), même si le pays concentre surtout ses investissements à la mise en valeur du gaz naturel notamment via deux sociétés nationales "Qatargas" et "Rasgas".

methanierLe gisement de gaz naturel du North Field est le plus grand réservoir naturel du monde et son exploitation se déroule en plusieurs phases coûtant plusieurs milliards de dollars chacune. En 1996, Qatargas commence à exporter le gaz naturel liquéfié (GNL) exploite sur le site de Ras Laffan (au nord du pays) vers le Japon.
Aujourd'hui le Qatar est en passe de devenir le premier exportateur de gaz naturel liquéfié avec une production qui devrait atteindre 30% de la production mondiale d'ici fin 2010, soit 77 millions de tonnes, le second exportateur de gaz naturel après la Russie.

Malgré une volonté à long-terme de diversifier son économie pour réduire sa dépendance à l'égard des hydrocarbures, ce secteur génère encore à ce jour environ 52% du PIB du Qatar (contre 39% en 2000).

Les projets ambitieux ne manquent pas: le Qatar a successivement lancé le plus grand complexe de liquéfaction de gaz naturel au monde (RasGas 3 et RasGas 4), le démarrage du plus grand craqueur d'éthane au monde (opération de conversion modifiant la structure et la masse moléculaire des hydrocarbures constituant les fractions obtenues par la première distillation, effectuées dans le but d'obtenir des molécules plus légères. (Source: Le Journal des actionnaires, Total), ou la construction du complexe pétrochimique Qatofin.

D'autres projets, dans les domaines de la liquéfaction, de la pétrochimie, et la production d'aluminium sont également développés. Les importations viennent essentiellement d'Europe (un tiers) et d'Asie (un tiers). Les exportations se font surtout vers l'Asie: le Japon, la Corée du Sud et Singapour.

En 2007 le Ministre des Finances, Youssef Hussein Kamal, a annoncé que le PIB devrait s'élever à $100 milliards en 2012 et que le pays investirait $130 milliards dans diverses infrastructures -dont la santé et l'éducation- d'ici 2015.

Le Qatar a entrepris de diversifier son économie depuis plusieurs années, autour de plusieurs axes:

- les infrastructures: les projets immobiliers "Lusail" -200.000 habitants attendus, 35 km2- et "Energy City" sont développés par Qatari Diar, un nouvel aéroport est en construction, un nouveau port adossé à une zone franche, le tourisme (capacité hôtelière, nouveaux musées)... Un projet de pont entre le Qatar et le Bahreïn est l'objet de discussions récurrentes mais il semble pour l'instant à l'arrêt. Le projet privé (Al Fardan) "The Pearl" - 35,000 résidents pouvant acheter leur bien et obtenir leur "Resident Permit"- est un ensemble d'immeubles, ports de plaisance, magasins et restaurants ouvert depuis quelques mois.

- l'éducation et la recherche: Qatar Foundation dont la Cité de l'Education souhaite créer un pôle régional de formation universitaire de haut niveau, le "Qatar Science and Technology Park (QSTP)" qui favorise l'implantation d'entreprises souhaitant s'investir dans la recherches (Microsoft, Total, Exxon-Mobil, EADS...). Des écoles prestigieuses ont déjà rejoint Qatar Foundation: HEC ouvre ses portes au Qatar début 2011 et le projet Saint Cyr a été initié par une demande de l'Emir au chef de l'Etat français en 2006.

- le sport: le Qatar a organisé les Jeux Asiatiques, les Championnats du Monde d'Athlétisme en 2009 et s'apprête à accueillir la Coupe d'Asie et janvier 2011 et les Jeux Panaméens en décembre 2011. Le pays organise de grands événements sportifs tout au long de l'année (Tournoi ATP de Tennis, Championnat du Monde de Moto, Tour du Qatar en collaboration avec l'équipe du Tour de France, Courses Hippiques et collaborations avec France Galop, le Qatar ayant racheté le Prix de l'Arc de Triomphe à Longchamp). Le Qatar a également présenté sa candidature pour les Jeux Olympiques (accordés à Rio de Janeiro), à la Coupe du Monde de Football 2022, verdict le 2 décembre 2010.

- la santé: "Sidra Medical and Research Centre" (dotation de $7.9 milliards) devrait ouvrir en 2011 et sera le premier hôpital entièrement numérique.

La surchauffe de l'économie entraîne cependant une inflation importante (13,8% en 2007). En novembre 2010, Son Altesse l'émir Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani a demandé au gouvernement de maintenir l'inflation à un meilleur niveau.

Le Qatar place une partie de ses excédents financiers à l'étranger par le biais de "Qatar Investment Authority" (QIA), qui a investi plus de 60 milliards de dollars dans près de vingt pays du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Europe.
Il a également réduit ses risques en changeant 40% de son portefeuille : 40% en euros, 40% en dollars et 20% dans diverses monnaies dont la livre sterling.

QIA compte déjà de nombreux partenariats avec des entreprises françaises: il détient notamment 7.6% de Lagardère, 3% d’EADS (depuis 2008), 0,98% de Suez Environnement, 5,78% de Vinci (en échange de Cegelec et suite à l’aval de la Commission Européenne), et 22,7% du capital de la Société Fermière du Casino Municipal de Cannes (SFCMC).
QIA est en pourparlers pour une prise de participation dans les groupes AREVA (et serait prêt à investir entre 1,5 milliards et 3 milliard d'euros) euroset CMA-CGM et possède des immeubles, hôtels particuliers parisiens et palaces luxueux comme le Royal Monceau.
Qatari Diar, société gouvernementale, a acquis de nombreux biens immobiliers et touristiques en Europe mais aussi au Sultanat d'Oman, au Soudan, au Maroc, en Ethiopie, en Tunisie au Yémen et en Libye.

Depuis quelques années le Qatar a entrepris un programme de "Qatarisation" ambitieux qui prévoit de former les Qatariens à des postes à responsabilité, d'inciter les femmes à travailler et à réorganiser certains départements du gouvernement. Un grand nombre de Qatariens ayant étudié à l'étranger reviennent au pays pour être formés à des postes occupés autrefois par les expatriés.
La stratégie nationale, intégrant les quatre piliers de la Vision Nationale du Qatar http://www.investinqatar.com.qa/about/qatar%20vision est en sur le point d'être finalisée, pour la période 2011-2016.