L’Age d’Or de la Peinture Hollandaise
La Qatar Museums Authority nous fait encore voyager dans le temps en accueillant les chefs-d’œuvre de la peinture hollandaise durant le Siècle d’Or. Après avoir collaboré avec le Rijksmuseum d’Amsterdam (un des plus importants musées nationaux des Pays-Bas) pour l’exposition sur les Ottomans et plus particulièrement l’œuvre de Jean Baptiste Vanmour, voilà que le musée d’Amsterdam renouvelle sa confiance au Qatar en lui prêtant plus de quarante peintures datant du XVIIe siècle, période considérée comme l'âge d’or de la peinture hollandaise.
Les Pays-Bas connaissent au Siècle d'Or (1600-1700) un épanouissement culturel intense qui les différencie nettement des pays voisins et qui est considéré comme un moment fort de la civilisation hollandaise.
Contexte historique :
Au milieu du XVIe siècle, la région connue sous le nom de « Pays-Bas » était sous le règne de Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique et roi d'Espagne, et faisait partie des dix-sept provinces des Pays-Bas espagnols qui comprenaient également la Belgique actuelle.
Dans la deuxième moitié du XVIe siècle, en 1566, les Pays-Bas prennent leur destin en main en se rebellant contre l’emprise espagnole, alors sous le règne du Roi Philippe II d'Espagne fils de Charles Quint. Durant son règne, les non catholiques étaient persécutés et la rébellion s’intensifia pour revendiquer plus de liberté de culte. L’aristocratie, avec le Prince Guillaume I d’Orange, se joint aux protestants et calvinistes et s’embarque dans une guerre qui dura 80 ans (guerre des 80ans, de 1568 à 1648).
C’est en 1579 que sept provinces du nord des Pays-Bas se séparent de l’Espagne et deviennent la République des Sept Provinces-Unies (consacrée par le traité de l’Union d’Utrecht) tandis que les provinces méridionales, restées catholiques (Belgique et Luxembourg) restent fidèles à l'Espagne.
Le nouvel État, appelé - à tort - Hollande, du nom de la plus importante des provinces dont il se compose devient alors le foyer central du Protestantisme et le refuge des protestants de tous les pays.
La République des Provinces-Unies va se hisser au rang de première puissance commerciale au monde, tandis que le reste de l'Europe se débat dans les affres d'une récession.
La Compagnie des Indes va être créée en 1602 et devient très vite la plus importante multinationale au monde. Les Hollandais vont briller dans tous les domaines et notamment dans l’art.
La peinture hollandaise durant le Siècle d’Or :
Dans les Provinces-Unies la peinture garde un caractère traditionnel. Les commandes religieuses du fait du calvinisme sont absentes. La bourgeoisie marchande apprécie une peinture d’observation, miroir de son image et encourage les portraits, les scènes de la vie biblique et familières ou les natures mortes. Les paysagistes, les peintres d’architecture ou d’intérieur d’église, de marine et les peintres animaliers excellent.
Les Provinces-Unies deviennent ainsi le siège des artistes: Rembrandt de Leiden (portraitiste, peintre d’histoire), Vermeer de Delft (scènes de genre), qui vont s’imposer comme les grands maitres de l'école hollandaise du XVIIe siècle.
Van Goyen, Van Ostade, Willem Claesz Heda (natures mortes), les Van de Velde père et fils (scène de batailles marines), le grand Frans Hals à Haarlem (portraits) ou Jan Steen et bien d’autres.
L’exposition :
L’exposition temporaire du Musée d’Art Islamique sous le titre “L’Age d’Or de la Peinture Hollandaise. Chefs-d’œuvre du Rijksmuseum” retrace cette florissante période des Pays-Bas du XVIIe siècle en vous invitant à admirer la peinture de ses grands maitres.
L’exposition est divisée en plusieurs salles mettant l’accent sur les plus remarquables artistes et leurs styles.
La première salle sous le thème de “variété et spécialisation” aborde le choix des sujets artistiques des grands maitres. Frans Hals pour les portraits, Jan Van Goyen et Salomon Van Ruysdael pour les paysages, Willem Claesz Heda pour les natures mortes.Le Joyeux Buveur de Frans Hals est une des ses œuvres maitresse peinte dans un style personnel ou il interprète la peinture de genre plus ancrée sur la psychologie de son modèle et le réalisme emprunté à l’italien le Caravage.
La salle mitoyenne sous le thème “Réalité du Quotidien” où le réalisme des scènes représentées est devenue une caractéristique de la peinture hollandaise. Les peintres ont en effet représenté les paysages de leur région avec grand soin mais les scènes sont quelque peu comiques ou théâtrales.C’est le cas de Jan Steen qui figure parmi les peintres de genre les plus importants de son époque. Dans la Joyeuse Famille, Steen invite le spectateur à une leçon de morale en y mettant des indices subtils et de nombreux symboles. Ce genre de scène se réfère souvent à de vieux proverbes ou à d’anciens textes littéraires néerlandais. La famille du peintre faisait souvent fonction de modèle.
Dans la salle“Rembrandt et ses contemporains”, les trois Rembrandt témoignent du thème de prédilection de ce prodige : le portrait et particulièrement l’autoportrait. En effet, Rembrandt Harmensz van Rijn signe la plus vaste série d’autoportraits introspectifs de l’histoire de la peinture occidentale. Il rompt avec les règles du portrait officiel et impose sa propre vision historique, littéraire et poétique. Rembrandt convainc et émeut par son art du clair-obscur, ses couleurs terreuses ou flamboyantes. Il est un des plus grands maitres de la peinture du XVIIe siècle.
Tout aussi prodige, Johannes Vermeer s’inspire à ses débuts de Rembrandt mais va développer un style pictural particulier. Il privilégie le thème de la lettre, de la musique, saisis dans l’intimité d’une femme parfois en présence d’un homme au rôle secondaire.Dans La lettre d’Amour, une des compositions les plus complexes et méditées de Vermeer, le sujet principal est mis en scène de façon que le geste et la parole soient figés et demeurent suspendus dans l’action, l’attention, l’inquiétude, la surprise, le trouble ou l’attente. Il y a toujours chez Vermeer quelque chose qui nous échappe. C’est peut-être là que réside le génie de ce peintre qui nous a laissé si peu de ses ouvres (trente-quatre connues à ce jour).
L’exposition se termine donc par ce thème du “Raffinement et élégance” propres à Vermeer, De Hooch ou Ter Borch.
Conclusion :
Le siècle d'Or des Pays-Bas s'est imposé comme la période charnière de l'histoire des Pays-Bas : siècle de prospérité tant économique et culturelle que militaire. Le modèle social hollandais qui n'a pourtant aucune prétention à s'exporter en Europe va cependant susciter la jalousie des États voisins, notamment la France de Louis XIV qui déclarera la guerre aux Provinces-Unies à la fin du XVIIe siècle qui contribuera à affaiblir économiquement et politiquement les Pays-Bas.
Voir les détails pratiques dans l'Agenda de VAQ
+ d'infos : http://www.qma.com.qa/goldenage
| ← Le Qatar depuis l’Antiquité | Le Village Culturel → |
|---|

