Richard Serra

Ecrit par , le jeudi 24 mars 2016, Rubrique : Chroniques,

East-west  / West-east 

Le premier contact avec une de ses œuvres, c'était à Bilbao, au musée Guggenheim. Dans une des premières grandes salles d'exposition, se trouvaient deux immenses plaques de tôles rouillées, obliques et incurvées... On pouvait se glisser et se balader entre ces deux éléments, distants d'à peine un mètre. Je découvrais Richard Serra, artiste américain.

La seconde fois, ce fut dans le sud de la France, au centre d'art du château La Coste. Incroyable lieu réunissant les plus grands artistes contemporains. A voir absolument (même si l'entrée est excessivement chère). On suit un parcours, au cœur de la propriété vinicole, ponctué ici ou là d'œuvres d'artistes à découvrir. De Louise Bourgeois (aussi présente à Doha au QNCC), à Andy Goldsworthy en passant par les architectes Tadao Ando, Jean Prouvé...

(Bref, imaginez réunis dans un même stade de foot Kopa, Pelé, Platini, Zidane, Ronaldo et Messi !!!)

Pendant cette balade, on croise donc, une œuvre de Serra, tôle rouillée monumentale, à moitié ensevelie, surgissant de la terre. Bien plus impressionnant in situ que dans une salle, aussi gigantesque soit-elle !

Une autre des œuvres de Richard Serra se trouve à Doha, au bout du quai aménagé pour le Musée d'Art Islamique. Elle est imposante, magnifique, posée là, tel un signal. Mais ce n'est qu'un avant goût de ce qu'’on peut découvrir dans ce pays. 

C'est dans le désert de Zikreet, que le choc est énorme... Après une heure de route, en direction de l'ouest du pays, nous quittons l'asphalte et nous lançons à travers le désert. Le 4x4 suit tant bien que mal, les quelques traces laissées par d'autres véhicules. Aucun panneau, aucun signe... Nous roulons, droit devant nous. Le sable est dur, avec de nombreux cailloux, c'est ce qu'on appelle le reg. Ce ne sont pas les dunes du sud du pays. Ici, peu de risque de s'ensabler et tant mieux car nous bravons la consigne qui dit "jamais seul dans le désert". Nous avons deux bouteilles d'eau et nos portables. Tantôt nous suivons la piste, tantôt nous créons notre propre chemin. Des reliefs apparaissent au loin, comme des mini-falaises de sable. Cela me fait un peu penser au désert de l'ouest américain, excepté la couleur, ici beige très clair.

Puis surgissant de nulle part, les fameuses tôles d'acier de Serra. D'abord une, au loin, dont on distingue la silhouette puis, en approchant, on devine les trois suivantes, plantées dans le sable... C'est totalement en harmonie avec le paysage, c'est à l'échelle du monument. L'un répond à l'autre. L'un n'est présent que parce que l'autre existe... Tout est parfaitement à sa place. L'immensité et le silence.

 

Dernière modification le mercredi 25 janvier 2017