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La cuisine au Qatar

La cuisine qatarienne a été au cours des années particulièrement influencée par les échanges commerciaux dans le passé, puis par les migrants. Ainsi, les plats traditionnels sont très influencés par la cuisine perse, mais aussi indienne, égyptienne et bien entendu libano-syrienne.

Les plats traditionnels qatariens sont plus rares à trouver dans les restaurants. On peut néanmoins en acheter à emporter au souq Waqif, sur une petite place à l’arrière du souq, où le soir, les femmes viennent vendre les plats tenus au chaud dans des cocottes « thermos ». On peut aussi les déguster lors des foires ou lors de la fête nationale. Ils peuvent aussi se commander dans des « take away ».

 

Les plats qatariens (ou du Golfe) par excellence sont le machbous qui, sur le même principe de cuisson de la poule au pot, est un ragoût de viande (poulet, agneau, chameau) servi avec du riz aromatisé. Mais l’on peut déguster aussi le madrouba (mélange consistant de riz ou de lentilles cuit lentement avec des épices, de la tomate et du poulet) ou le harees (bulghur de blé cuit avec de la viande). Le madrouba comme le harees ont des consistances similaires à du riz au lait. Les morceaux de viande n’y sont pas apparents tant la viande cuite et recuite s’est effilochée et s’est mélangée aux autres ingrédients. Le madrouba est appelé ainsi car la préparation est « battue » avec une cuillère en bois.

 

cuisine qatar

 

On trouve aussi des plats de Molokhiya, qui est une plante aux grandes feuilles vertes qui vont être cuites de la même manière que les épinards, et servi avec de la viande et du riz aromatisés.

Au souq ou dans les supermarchés vous pouvez vous procurer des « épices à machbous » qui permettent de recréer chez soi ces derniers plats.

Si près du Golfe persique, le Qatar est un paradis pour qui aime les poissons et les crustacés. Le Hammour (Mérou) est le poisson roi et offre une chaire proche de celle de la lotte. Le red snapper, le sherri, le thon, le requin sont des classiques des étals. Les crabes bleus ainsi que les crevettes et gambas sont pêchés tout au long de l’année. Il vous faudra attendre toutefois les mois d’hiver pour déguster les cigales de mer à la chair particulièrement fine. Outre les supermarchés, il est possible de se procurer les poissons soit directement sur le port à la criée, soit au souq au poisson au Wholesale market près de Salwa Road.

Outre les plats typiques du Golfe, la cuisine qatarienne est très influencée par la cuisine libano-syrienne. Ainsi, la  plupart des restaurants arabes proposent les mezzes traditionnels dont le hoummous (tartinade de pois chiches au sésame), le tabbouleh (salade de persil haché avec un peu de bulghur), le mottabel (tartinade d’aubergines grillées), le fattoush (salade de laitue et de légumes avec des croutons de pain frits) etc…. Les mezzes se dégustent avec les galettes de pain arabe.

Pour caler un petit creux, les fatayers (minis pizzas ou chaussons fourrés) aux zaatar et aux fromages seront parfaits. Les kebabs (brochettes) et autres shawarma (viande grillées servie avec des légumes et de la sauce blanche dans un pain roulé) sont très populaires et se trouvent un peu partout, notamment au souk. Certaines « eateries » vous proposent aussi les falafel, délicieux quand ils sont juste frits.

Enfin, le biryani indien est totalement entré dans les mœurs locales et est considéré comme un plat « local », de la même manière que le couscous s’est francisé ou que le « curry » se trouve partout en Angleterre.

Pour les dents sucrées, les pâtisseries qatariennes proposent Qatayef, basbousas, et autres kunafas à base de vermicelles, de fromage frais et de semoule, le tout arrosé de sirop aromatisé. Pour ceux qui préfèrent les petits biscuits, les traditionnels « Ma’amoul » devraient les sustenter. Ces petits biscuits en forme de dôme décoré sont traditionnellement fourrés à la pâte de dattes. Si vous en trouvez, n’hésitez pas à partager une « Ghaliat Nahal » ou « ruche », une sorte de brioche suisse composée de petites boules de pâte fourrées de fromage type Kiri, le tout arrosé de miel. Délicieux ! Le dessert local par excellence, et celui que vous apporteront vos collègues qatariens est probablement les « ‘lgimat » ou « logaimat », des petites boules de pâte à beignet frites et trempées dans du sirop.

Les Qatariens sont aussi friands de « crème caramel », falooda, mohalabieh (sorte de crème pâtissière aromatisée à l’eau de rose et servie avec des fuits secs) ou Umm Ali (sorte de dessert de pain perdu à la crème et aux fruits secs servi tiède).

A part le Qawha, les boissons populaires incluent le « lemon and mint », limonade à la menthe, le Tchaï (thé) et le Karak (thé indien aux épices et au lait sucré)

L’on ne pourrait terminer cet article sans faire mention des dattes, véritable institution locale et qui sont offertes à toutes les occasions. Elles sont de différentes variétés : arrêtez-vous chez Al Qaseem dates sur Markhya street, près de Markhyia roundabout, ou chez Bateel au City Center pour découvrir toute la richesse des variétés de dattes. Des plus tendres au plus fermes, des plus sucrées à celles fourrées d’amandes, de pistache. Enfin, goûtez à celles recouvertes de chocolat !

Ecrit par Estelle Roure

Le Gahwa

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Les Arabes et les musulmans sont connus pour leur hospitalité.
Selon les enseignements du Prophète Mohammed, si quelqu’un croit en Allah et au Jour du Jugement (moment où les humains seront jugés selon les actions qu’ils auront accomplies durant leur vie), il doit être généreux et accueillant avec ses invités. Ces enseignements ainsi que beaucoup d’autres exemples expliquent les fondements de l’hospitalité des musulmans dans le monde.

Le café (GAHWA) est sans doute le meilleur symbole de l’hospitalité des arabes du Golfe. Celui-ci a un aspect très différent de celui consommé en Occident ; il est de couleur beige, et son goût est tout à fait particulier.

Il est servi dans de petites tasses sans anse et il est souvent dégusté avec des pâtisseries. Dans le passé, il était plutôt apprécié avec des dates. En effet, son goût se marie très bien avec tout ce qui est sucré.

La légende dit que le café a été découvert il y a près de 12 siècles par un berger qui avait été surpris de voir que ses brebis étaient encore pleines de vitalité alors que lui arrivait à peine à rester éveillé. Il découvrit alors qu’elles avaient l’habitude de grignoter des petites baies qu’elles trouvaient sur un petit arbuste vert. L’ingénieux Khaled décida d’en faire une boisson, en les broyant et en les faisant bouillir…inventant alors la base d’un rituel qui perdure jusqu’à nos jours.

Le café traditionnel arabe est préparé d’une façon très particulière sur des braises. Il est bu tout au long de la journée. Les baies sont achetées crues, et elles sont torréfiées et moulues au pilon juste avant la préparation. La cafetière, qui s’appelle “Dellait” en arabe, est utilisée pour la préparation du Gahwa à même les braises.

De nos jours, les braises ne sont que très rarement utilisées, (lors d’excursions dans le désert par exemple), on utilise plutôt une casserole sur une cuisinière normale. Lorsqu’il est prêt, le café est transvasé dans un thermos qui a souvent la forme du “dellait” traditionnel. On mélange de l’eau bouillante et du café moulu ainsi que de lacardamone en poudre. On le remet alors sur le feu, puis on le retire dès l’ébullition, procédé que l’on répète deux à trois fois. Le café est alors prêt, et il est versé dans les tasses (Fanjin) par celui que l’on appelle-le “Muqahwi” qui est généralement le jeune fils de la maison.

Le Muqahwi ne remplit la tasse que jusqu’au tiers comme le veut la tradition, en la présentant de sa main droite. Il tient donc la cafetière dans sa main gauche. Après avoir bu son café, l’invité remet la tasse au Muqahwi qui repasse pour servir de nouveau, mais il doit la secouer doucement de gauche à droite pour indiquer qu’il ne veut plus de café. Faute de quoi, la tasse sera remplie de nouveau.

Ecrit par Basma Al Sheikh, professeur au QCPI

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